14/03/2008

Rockothèque

Le rock ça s'écoute. Certes. Mais ça se lit aussi. Car le rock c'est une histoire, riche. C'est une plongée dans l'histoire de la musique populaire. C'est le reflet de l'état d'esprit ambiant d'une époque. Le rock, ce n'est pas uniquement une horde de headbangers décérébrés, la tête dans les enceintes, les oreilles qui saignent et les neurones flingués à coup de décibels. Ce n'est pas non plus l'analyse intello sur le signifiant et la valeur du symbole... Quoique... C'est tout à la fois. Avec le rock est né le rock-critic. Le rock-critic n'a pas été seulement un pisse-copie juste capable de dire "j'aime-j'aime pô". Il y a eu des plumes de talent. Des fous qui faute de jouer d'un instrument, ou n'ayant pas été adoubés par le Diable, ont inventé une écriture... Les Charles Shaar Murray, Lester Bangs, Nick Kent, Nik Cohn... Même Philippe Manoeuvre, dans sa prime jeunesse. Aux côtés de Tom Wolfe ou Hunter S. Thompson... Pas des rock-critics à proprement parler, mais des écrivains férus de contre-culture, soucieux d'aller au delà des performances scéniques et des soli rageurs...
Peut-on encore écrire sur le rock aujourd'hui? La dématérialisation de la musique et la surabondance de l'offre a changé la donne. Le rock-critic a un rôle de passeur, de découvreur, de déchifreur. Il est filtre de recommandation (Chris Anderson - The Long Tail, encore et encore...) mais sa tâche est immense.
Et le rock est plus familial. Moins transgressif, voire consensuel, voire organisé, orchestré. La révolte canalisée. Marketée. 
Pour les amateurs, les fans hardcore, les curieux, une sélection de livres indispensables... Sélection courte et subjective. Volontairement. Que vous pouvez enrichir! Suggestions et commentaires bienvenus!!!
 

 

 

Un ouvrage indispensable, incontournable, une Bible, sinon LA Bible... Le Dictionnaire du Rock de Michka Assayas (Bouquins). Subjectif, parfois surprenant, mais très documenté, très riche. Publié en 1999, il mériterait un enrichissement, mais reste une somme impressionnante. A acquérir immédiatement pour qui s'intéresse à la musique.

L'Envers du Rock de Nick Kent (Austral), articles et interviews, des Stones aux Beach Boys en passant par les Guns'n'Roses, les Happy Mondays, Iggy Pop, Sid Vicious... L'envers du décor. Truffé d'anecdotes, par un infiltré de talent. Sans complaisance, avec point de vue et parti-pris.

I Need More d'Iggy Pop. Autobiographie racontant les années Stooges de l'Iguane. Brut de fonderie comme l'écoute de Raw Power. Une vision de l'intérieur, sexe, drogue et rock'n'roll. Un zeste d'auto-complaisance, une forte dose d'authenticité. 

Je me souviens du rock'n'roll de Gilles Verlant (Actes Sud)... Sur le modèle du Je me souviens de Pérec, à la sauce rock. 500 souvenirs. Un magnifique exercice de style passionnant, mélangeant le futile et l'essentiel.  

Mort aux Ramones de Dee Dee Ramone (Le Diable Vauvert), traduit par Virginie Despentes. Vie et mort d'un groupe essentiel. Les faux frères se détestaient, mais ont cohabité pendant 25 ans, à la poursuite du succès. Sexe, drogue... beaucoup de dope et des scènes d'anthologie.

1684689209.jpgThe Mansion on the Hill de Fred Goodman... Un ouvrage indispensable jamais traduit en français et pourtant essentiel narrant la naissance du music business. Comment à la fin des années 60, les artistes et leurs agents ont pris le contrôle de leur production artistique, et ont échappé au contrôle absolu des maisons de disques qui avait prévalu pendant la décennie précédente. Les acteurs incontournables de cette période dorée, Dylan, Neil Young, Springsteen...

Autre opus majeur: Hit Men, de Fredric Dannen ou la naissance de l'industrie du1803623055.jpg hit aux Etats-Unis, depuis les années 30 jusqu'aux années disco. Encore du business, mais aussi du scandale, avec entra autres celui des payolas qui coûta sa carrière à l'un des deejays américains les plus fameux, Alan Freed. Non traduit en français, dommage!

Nightclubbing d'Alain Pacadis (Denoel)... Pacadis, le chantre des nuits parisienne des années 80. Punk, disco, dope, naufrage... Témoignage d'une époque révolue, et belle écriture.

Je pourrais aussi mentionner la bio de Jimi Hendrix par Charles Shaar Murray, il y en aurait tant d'autres... Commencez par ceux-là... et keep on rockin'!!! 

 Enjoy!

 

 

21/10/2006

Dans mon Ipod ce weekend...

Deux albums ce weekend dans ma sélection: du rock "mainstream", finalement assez plaisant malgré mes réticencesmedium_placebo.3.jpg initiales, "Meds" de Placebo. Guitares saturées, rythmique puissante. Brian Molko et ses deux compères délivrent une musique qui séduit à la première écoute. Bon, un peu comme ces vins chinois, séduisants, mais assez courts en bouche. A consommer tout de suite. Placebo a du succès, ça se comprend. Pas un groupe majeur, c'est certain, car pas assez innovant. Mais pas cérébral non plus, et de ce fait proche de l'essence du rock des origines. Un pur moment de plaisir. Un peu comme l'orgasme masculin. Court mais intense.
 
 
medium_midlake.jpg
L'autre album, un peu plus exigeant, que je recommande avant de l'avoir exploré de fond en comble mais dont un premier extrait m'avait séduit il y quelques mois, et que je viens d'acquérir: "The Trials of VAN OCCUPANTHERS" de Midlake. Pas du rock séminal, mais des climats éthérés. Belle musique. Quelques morceaux en écoute sur leur page MySpace. Un pur moment de bonheur. Un album comme on savait en faire dans les années 70, avant l'engluement qui allait donner naissance au punk-rock.
 
 Enjoy! 
 
 
 
 
Et en bonus, comme annoncé la semaine dernière, l'album du siècle dernier: cette semaine, un monument, toujours enmedium_Bat_out_of_hell.jpg activité d'après un article récent lu hier dans la rubrique spectacles du Financial Times: Meat Loaf.
Oui, vous avez bien lu, Meat Loaf! 59 ans et toujours sur scène... (Promis, je parlerai d'Iggy Pop, autre survivant notoire dans une prochaine chronique).
En 1977, Meat Loaf, surtout connu pour un petit rôle de biker dans le cultissime "Rocky Horror Picture Show", sort le mythique "Bat out of Hell". En 77, en pleine vague punk! Lester Bangs n'a pas dû aimer. Et pourtant. Réécouté 29 ans plus tard, l'album n'a rien perdu de sa force. D'accord, à l'image de la pochette de Corben, c'est musclé, bourré de testostérone, pompier à mort. Mais la voix de Meat Loaf est puissante, les compositions de Jim Steinman démentes et la production de Tod Rundgren "hénaurme". Meat Loaf donna une suite à la saga Bat en 1993 (Bat out of Hell II) et on annonce pour la fin du mois "Bat out of Hell III"... On peut quand même craindre le pire. Il ne faut jamais tenter de ranimer les mythes.